7 croyances limitantes des Community Managers débutants

11 juin 2019 0 Par Elodie Honegger

Je m’adresse en particulier aux entrepreneur·es qui se font eux ou elles-mêmes Community manager, pour vous proposer de tordre le cou aux croyances limitantes qui vous ralentissent. Quand on lance une activité, on n’a souvent pas le budget pour embaucher quelqu’un qui s’occupera de sa communication sur les réseaux sociaux. C’est ainsi que de nombreux commerçant·es ou e-commerçant·es, artistes, auteurs et autrices, découvrent « sur le tas » la gestion d’une page Facebook, d’un compte Instagram, d’une chaîne Youtube, et tout ce qui va avec. Si c’est votre cas, vous vous êtes peut-être déjà retrouvé·e face à vos propres croyances limitantes, et peut-être ont-elles mis des bâtons dans vos roues.

Je vous propose cet article dans le cadre d’un événement inter-blogueurs organisé par « Corps et Esprit Martial », un blog écrit et animé par les très dynamiques Anne Juguet et Marvin Vega. Ils ont proposé cet événement inter-blogueurs suite à un constat :

« La chose qui me marque le plus lorsque je fais un cours de ju-jutsu ce sont les phrases du type “tu peux le faire, mais pour moi c’est impossible”. Les personnes s’enferment dans des croyances limitantes. C’est désastreux pour eux et leur progression, peu importe le domaine. »

Marvin Vega, 3eme Dan et instructeur international Ju-jutsu Mushin Ryu

L’idée, suite à cette observation de Marvin, est donc de réunir des conseils venant de blogueurs et blogueuses (spécialisés dans des thématiques très variées), pour identifier et dépasser les croyances limitantes qui viennent nous ralentir, dans tous les domaines de nos vies.

Anne et Marvin ont d’ailleurs publié un article très intéressant sur l’importance des erreurs qui nous permettent de progresser. Voilà déjà une première croyance limitante à détruire : les erreurs seraient une chose négative. En lisant cet article, on se rend bien compte qu’en fait… non.

J’apporte ma pierre à l’édifice de cette réflexion en vous parlant aujourd’hui de Community Management pour les débutant·es. Tout d’abord, voilà une petite liste de croyances limitantes dont il est, selon moi, intéressant de s’affranchir. Libre à vous d’aller directement à celle qui vous ressemble, ou de lire l’article en entier.

1. «Je ne comprends rien aux réseaux sociaux »

2. « C’est un job de stagiaire »

3. « Facebook, c’est pour partager les photos de vacances »

4. « Il faut être jeune pour s’occuper des réseaux sociaux »

5. « Dans mon secteur, les réseaux sociaux ne servent à rien »

6. « Je ne saurais pas quoi raconter»

7. « Je n’ai pas le temps pour ça»

8. Bonus : « Les croyances limitantes, moi ? Je n’en ai pas. »

1. “Je ne comprends rien aux réseaux sociaux “

Si vous vous lancez dans la communication digitale en tant que grand·e débutant·e, mon conseil est le suivant : Allez-y Poco a poco, ou « petit à petit». Commencez par identifier le réseau social qui vous semble le plus naturel par rapport à vos compétences et vos besoins. (Ça tombe bien, j’ai créé pour vous un guide à ce sujet : Sur quel réseau social démarrer ?)

Le fait de démarrer avec un seul réseau social vous permettra de diminuer la pression sur l’obligation de comprendre « comment ça marche », mais aussi de rendre l’expérience plus ludique. Une nouvelle application à gérer sur votre téléphone, c’est sympa. Trois, c’est stressant. Dans mon guide, cité un peu plus haut, je vous donne des liens vers un certain nombre de modes d’emploi. Ces modes d’emploi pourront vous sortir d’un blocage, si vous avez des difficultés… Mais gardez tout de même à l’esprit qu’une bonne majorité de réseaux sont conçus pour être pris en main facilement.

2. “C’est un job de stagiaire”

En fait, non. Oui, parfois, des entreprises confient l’intégralité de leur Community management à un·e stagiaire… mais c’est à peu près le pire choix stratégique que l’on puisse faire. Pourquoi ?

  • Les stagiaires connaissent peu votre entreprise, vos enjeux commerciaux, votre image de marque, vos concurrents, vos objectifs de développement…. Bref, même s’ils·elles savent publier des photos et écrire correctement, cela ne leur donnera pas pour autant la vision stratégique nécessaire. Et ils·elles ne pourront progresser sur ce terrain que pendant le temps du stage, après quoi il faudra recommencer du début avec le ou la stagiaire d’après.
  • En tant qu’auto-entrepreneur·e, artiste, ou tout autre forme de structure dans laquelle vous êtes chef·fe du navire, vous êtes sûr·e de savoir ce que vous avez envie de dire ou de partager. Vous savez quelle est votre identité en tant que marque, ce qui est important pour vous, même si vous ne savez pas encore COMMENT le dire. À défaut d’avoir sous la main un·e Community manager formé·e, vous êtes potentiellement la meilleure personne pour ce job.
  • Même si vous embauchez un jour un·e Community Manager, cette personne aura besoin de quelques semaines, voire quelques mois, pour se familiariser totalement avec votre ligne éditoriale. Qu’il s’agisse d’un recrutement, ou d’une externalisation de la tâche ( en passant par une agence ou un·e freelance, par exemple.)

3. “Facebook, c’est pour partager les photos de vacances”

Oui et non. Ou du moins, cela dépend pour qui. Beaucoup de personnes se servent d’un réseau social pour rester en contact avec des ami·es et des membres de leur familles, partager des photos et vidéos, utiliser les messageries instantanées, … bref : ces réseaux sont un espace « loisirs » dans lequel on ne souhaite pas forcément avoir des sollicitations commerciales ou professionnelles. Néanmoins, il vous est possible de trouver une “juste place” dans ces espaces, et je vous propose pour cela de vous poser deux questions :

1. « Pourquoi » ?

Quel est votre objectif ? Est-ce que vous voulez vendre, trouver des partenariats, obtenir des commentaires et impressions de la part de vos clients potentiels, développer votre notoriété et votre légitimité, trouver des conseils sur la manière dont vous pourriez devenir encore meilleur·e dans votre domaine ? (Ne me répondez pas « tout ça à la fois »…. Essayez de fixer un objectif prioritaire)

2. “Comment” ?

Une fois que votre objectif est clarifié, demandez-vous : Comment puis-je aider mon audience ? – en lien avec l’objectif précédemment identifié – En effet, à partir du moment où vous investissez un espace qui est, initialement, plutôt privé et connoté “loisirs” et” détente”… la question principale, c’est de savoir si vous avez de quoi intéresser un public. Ne vous contentez pas de publier des photos de produits avec un lien vers votre page e-commerce, parce qu’effectivement, cela ne vous mènera nulle part. Demandez-vous quelles informations vous pourriez partager, quelles expériences vous pourriez transmettre, quelle histoire vous pourriez raconter. Ce que vous partagez “pour les autres” (et non “pour parler de vous”) c’est aussi la raison pour laquelle des utilisateurs de réseaux sociaux auront envie de vous lire. ( À ce propos, je vous conseille mon article « Une stratégie de contenus, grâce aux arts martiaux »

4. “Il faut être jeune pour s’occuper des réseaux sociaux”

Tout comme il n’est pas spécialement nécessaire d’être une personne expérimentée pour apprendre à utiliser un réseau social, il n’est pas spécialement nécessaire non plus d’être une personne jeune. Par contre, il est intéressant et utile d’être ouvert·e, prêt·e à apprendre et à comprendre comment interagir avec d’autres personnes sur une plateforme que vous ne maîtrisez pas forcément pour l’instant. Sachez observer, et poser des questions. 

Par ailleurs, il existe des réseaux sociaux alternatifs aux géants tels que Facebook, Twitter ou Youtube. Découvrez Diaspora, Mastodon ou Framatube ! Leurs communautés sont particulièrement disponibles pour accueillir les débutant·es. Je suis moi-même entrain d’explorer ces alternatives à Facebook et Twitter, et je peux déjà en dire que toute question lancée dans le réseau obtient sa réponse. Même si on a très peu de contacts.

5. “Dans mon secteur, les réseaux sociaux ne servent à rien”

Si vous pensez réellement ce que vous dites, il est possible que vous soyez en face d’une croyance limitante. Il y a en effet des secteurs dans lesquels il semble plus « naturel » de mettre en œuvre une stratégie de présence sur les réseaux sociaux. À première vue, je dirais : le secteur culinaire, la photographie et la vidéo, la vie des chats, la musique et les sports extrêmes, la décoration d’intérieur, le bricolage et les Do it Yourself, les ONG, la politique, la recherche, les arts graphiques et visuels, l’éducation, la parentalité, la vie en van, les habitats alternatifs, l’éducation canine, les arts martiaux, le jardinage, l’informatique, l’humour…

Ah. En fait la liste est loin d’être finie, mais je vais éviter de faire fonctionner inutilement des serveurs qui polluent la planète pour vous dire que la liste des sujets à traiter sur les réseaux sociaux est plus ou moins infinie. 😉

Et si dans votre domaine, personne ne le fait : BRAVO. Vous avez l’opportunité d’être le premier ou la première. Et comme l’explique Al Ries dans son livre « Positioning, The Battle for your mind », être premier représente un énorme avantage concurrentiel.

La question “dois-je investir du temps ou de l’argent dans les réseaux sociaux ?” est une question tout à fait pertinente, mais votre réponse ne dépend pas vraiment de votre secteur d’activités.

6. « Je ne saurais pas quoi raconter »

Si vous êtes la personne qui porte un projet, une entreprise, une pratique artistique… vous savez qui vous êtes, et donc, vous saurez quoi dire.
Je vous propose un petit peu d’aide, néanmoins, pour vous lancer. Posez-vous les questions suivantes, et listez toutes les réponses qui vous viennent à l’esprit sur un carnet ou dans le bloc-notes de votre téléphone, par exemple.

Que proposez-vous au reste du monde ? (Quel est votre produit, service, démarche créative  ?)

Qu’est-ce qui pourrait surprendre les gens qui ne vous connaissent pas, dans votre proposition de valeur ?

Avez-vous un local intéressant à filmer, un lieu de travail atypique, du matériel spécifique, des produits stockés, des prototypes, des collaborateur·trices ? Pouvez-vous photographier ou filmer ces lieux, objets ou personnes, et raconter en une ou deux phrases quel est leur rôle ?

Est-ce qu’il y a des changements réguliers dans votre activité, des rebondissements que vous pourriez raconter à vos éventuel·les client·es ?

Est-ce que vous avez des partenaires à présenter, des relations à mettre en avant dans une publication, sous la forme de remerciements par exemple ?

Y-a-t-il des événements récurrents dans votre secteur, qui peuvent être exploités pour publier un message à ce propos ? (La coupe du monde de foot, le premier jour de l’été, la rentrée scolaire, la fête de votre village, une exposition d’art, une rencontre scientifique internationale ?…)

Avez-vous des conseils à donner gratuitement à vos client·es ? Est-ce que ces conseils pourraient faire l’objet de plusieurs publications ?

Faites-vous récemment des découvertes, des expérimentations ? Est-ce que vous pouvez en raconter ou en montrer une partie ?

Voilà de quoi démarrer…. Si vous prenez le temps de répondre à tout, et de lister soigneusement… il est probable que vous ayez déjà assez de sujets pour les 6 prochains mois.

7. « Je n’ai pas le temps pour ça »

Si c’est ce que vous pensez, je vous conseille de lire deux articles. D’une part, mon interview de Didier Wehrli, « garder le contact et diffuser les connaissances », qui explique notamment comment il gère ses réseaux sociaux tout en ayant un emploi du temps de ministre. D’autre part, l’interview d’Ophélie Latil, juriste et militante, qui elle aussi nous livre ses meilleures pratiques, pour utiliser les réseaux sociaux tout en restant concentrée. Je vous livre ici un résumé de leurs meilleurs conseils :

  • Définir un ou deux moment précis dans la journée pour s’y consacrer : ne pas se laisser envahir.
  • Exploiter les temps passés dans les transports en commun.
  • Prendre un moment le matin pour lire et répondre aux messages.
  • Utiliser IFTTT pour automatiser certaines opérations.

J’ajouterais à cela : planifier quelques publications à l’avance (Sur Buffer ou Hoostuite, par exemple). Il est relativement facile d’être créatif·ve et d’imaginer une publication au moment qui vous convient, et d’en planifier la mise en ligne pour dans quelques jours. Si, au contraire, vous êtes sous pression parce que vous n’avez rien publié depuis “trop” longtemps, le stress risque de se mettre en travers de votre imagination !

Bonus « Des croyances limitantes, moi ? Je n’en ai pas. »

C’est probablement la plus dangereuse des croyances limitantes que l’on puisse avoir. Être convaincu·e que nous percevons la réalité sans le filtre de nos expériences précédentes, qu’elles soient positives ou négatives. Le premier pas vers le succès, quel que soit le domaine à mon avis, c’est de se donner quelques instants pour y penser, et d’identifier ses propres croyances limitantes. Une fois admises, elles ont, un peu comme par magie, beaucoup moins de pouvoir sur nos prises de décision.

Mes croyances limitantes du moment : ( je vous incite à faire l’exercice, alors je m’y plie également, ce n’est que justice )

  • Je manque de temps.
  • Je ne suis pas sûre de trouver ma place sur les “réseaux sociaux alternatifs”, dans la mesure où il y a, sur ces réseaux, beaucoup de gens beaucoup plus avancés que moi sur les thématiques comme l’internet libre ou les solutions dégooglisantes.
  • mon intérêt pour la communication éthique, est compliqué, parce que: 1. certaines personnes pourraient se sentir agressé·es par la thématique, avoir l’impression que je veux leur donner des leçons. 2. D’autres pourraient considérer que seule une personne exemplaire à ce sujet a le droit de s’exprimer. Or, je suis dans une démarche exploratoire et suis bien loin d’avoir atteint un niveau “exemplaire”.

Alors, quelles sont vos croyances limitantes du moment ?

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