La performance, une question d’état d’esprit ? Conseils d’un ultra-traileur

1 juillet 2018 0 Par Elodie Honegger

Le 30 juin 2018, le traileur Stéphane Brogniart animait un ciné-conférence à Remiremont, dans les Vosges. Il était en compagnie de la championne de France féminine de trail, Sarah Vieuille. Il est ultra-traileur, mais aussi conférencier, préparateur mental et coach pour les sportifs et en entreprise.

Je vous propose quelques perles issues de cette conférence, qui s’appliquent à l’univers de la performance sportive, mais tout aussi bien à la gestion de projets en général. De quoi s’inspirer un bon coup.

1. Avoir une vision

Stéphane Brogniart : Le trail est un outil de développement personnel. Le sport en soi, je m’en tape. Ce qui compte, c’est le fait d’avoir un “pourquoi” suffisamment fort pour rester au dessus de la contrainte. C’est parce que j’avais un objectif plus profond que de faire un post Facebook avec 300 likes que j’ai pu me lever les dimanche à 4 heures du mat, courir 4 heures et revenir à la maison avec le petit déj pour mes enfants.

L’objectif d’un projet éditorial ne peut pas être l’obtention de likes, c’est malheureusement beaucoup trop creux. Avoir une histoire à partager, un service en lequel on croit, des connaissances à transmettre : voilà des raisons suffisamment fortes pour en parler. Nous avons tous et toutes du mal à maintenir un degré suffisant de motivation pour un projet si notre seul objectif est d’être vu ou d’exister.

2. Ne pas se disperser

Stéphane Brogniart : Chaque coureur a son potentiel théorique maximum, parfois il y a quelqu’un devant moi, il est juste meilleur, c’est comme ça. Par contre ce que je peux faire, c’est exploiter mon propre potentiel à 100%, là où lui se laissera peut-être distraire. Une année sur l’Ultra-Trail du Mont Blanc, je courais mais j’ai insisté pour que mon équipe ne me dise pas comment j’étais classé, aux ravitaillements. Je les ai rendus fous, parce que j’étais dixième, je tenais un top 10 et je ne voulais pas le savoir. Parce que ça m’aurait sorti de ma concentration. Quand tu cours, si tu mets de l’attention sur autre chose que ce pour quoi tu es là, tu dégringoles. Et sur cette course, 4 km avant l’arrivée un type dans le public m’a crié “t’es dixième !”, et là ça a été les pire 4 km de ma vie : j’étais devenu le coureur de base, qui regarde derrière lui, qui stresse, qui regarde sa montre. Je n’étais plus MOI, j’étais devenu UN traileur.

Après la première étape qui consiste à avoir une vision suffisamment porteuse, reste la capacité d’aller vers elle sans se laisser distraire. Objectif : Trouver son propre positionnement, se concentrer sur cette identité, et déployer tout le potentiel de ses points forts.

3. Comment progresser ?

Stéphane Brogniart :  “Après une course, je retourne le dossard, je prends un stylo, je fais une colonne + et une colonne -, et je note ce qui s’est bien et mal passé pendant la course. Et ensuite, j’écris quoi faire pour y remédier. Le jour où j’ai arrêté de perdre du temps à justifier des échecs, et que j’ai utilisé tout mon temps pour mettre en place des stratégies pour être meilleur la fois d’après, j’ai radicalement progressé.”

Transposé dans la gestion de projets éditoriaux web et social média, cela amène la question de la mise en place d’indicateurs de réussite. Prévoir dès le lancement d’un projet d’avoir une approche exploratoire permet de se focaliser sur ce qui marche vraiment, et non sur une idée préconçue de ce qui peut ou ne peut pas fonctionner. On expérimente, on analyse, on reproduit ce qui fonctionne et on ajuste ce qui ne fonctionne pas, ou ce qui pourrait être optimisé. Ne pas perdre son temps à expliquer des ratés, mais se focaliser sur les solutions à mettre en place, une belle philosophie, non ?

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