Que se passe-t-il vraiment lorsqu’on ignore un email ?

14 mai 2019 0 Par Elodie Honegger

Le texte que je vous propose ici est une traduction réalisée avec la très gentille autorisation de Tasha Eurich. Je suis abonnée à sa newsletter, que vous pouvez retrouver ici, et qui partage régulièrement ses réflexions sur les relations humaines dans un contexte personnel ou professionnel. Elle est psychologue, chercheuse, autrice et conférencière et aide les gens et les organisations à atteindre de meilleurs degrés de “conscience de soi”, pour plus de succès et de bonheur. Programme sympathique n’est-ce pas ? Voilà donc la traduction de sa newsletter répondant à la question-titre de cet article : que se passe-t-il vraiment lorsqu’on ignore un email ?

Si vous cherchez à rendre votre univers un peu plus Marie Kondo, votre boîte de réception est peut-être une cible parfaite. La plupart d’entre nous nagent dans les emails, avec 269 milliards de messages qui sont envoyés chaque jour.

Ce flux incessant peut être paralysant. (J’ai un·e ami·e qui plaisante à ce propos : Puis-je simplement déclarer faillite d’email et aller de l’avant ?”

Mais en ne répondant pas, nous contribuons à un problème troublant. Pensez au dernier email important que vous avez envoyé, auquel la personne n’a pas répondu. Votre première réaction était probablement, Il est juste occupé. Après quelques jours, vous vous demandez, A-t-il reçu mon email ? Quelques jours plus tard, Ai-je fait quelque chose de mal ? Puis, inévitablement, Quel crétin !

Quand il s’agit de communiquer avec nos collègues, nous avons les meilleures intentions, mais nous échouons souvent à l’exécution. Nous voyons un email, prévoyons d’y répondre, puis perdons trace de celui-ci.

Mais notre négligence bénigne nous tire vers le bas de manières bien plus nombreuses que nous ne l’imaginons. Le temps de réponse est un signal non-verbal puissant qui en dit des tonnes sur qui nous sommes. Comme mon collègue Adam Grant l’a récemment fait remarquer, il serait incompréhensible que quelqu’un dise Je suis vraiment désolé·e, je n’ai pas fait signe de vous remarquer dans le couloir… Il y a tellement de gens qui tentent de me dire bonjour ces derniers temps, que je ne peux pas répondre à tout le monde.

Ne pas répondre aux emails nuit à notre réputation et à nos relations. Dans une étude, on a attribué à des personnes qui ont pris deux semaines à répondre à un email, des intentions plus négatives et moins de crédibilité qu’à leurs homologues plus réactif·ve·s.

Voici l’aspect inverse : J’ai un jour une cliente – une superstar du Fortune 500 – et en dépit du fait qu’elle soit incroyablement occupée, elle répondait aux emails plus vite que quiconque. Elle m’a dit Quand tu es fiable, les gens veulent faire partie de ton équipe. Si simple, et pourtant si vrai.

Je suis loin d’être parfaite sur ce point (ou n’importe quel autre), mais voilà quelques conseils que nous pouvons tous·tes utiliser pour être de meilleurs citoyen·ne·s par email :

1. S’organiser.

C’est difficile d’être réactif·ve sans un bon système de gestion des emails. Que vous repreniez le temps en main ou que vous vous focalisiez sur Inbox Zero, trouvez un système qui fonctionne pour vous et tenez-vous-y. Ou alors, facilitez-vous la tâche et demandez à vos collègues les plus réactif ce qu’ils·elles font pour rester organisé·e·s, et expérimentez avec leur approche.

2. Accuser réception.

Comme un client me l’a dit récemment, Tout le monde est occupé, mais il n’y a aucune excuse pour ne pas accuser réception d’un message. Cela prend littéralement 5 secondes. Si vous envoyez un message disant Message bien reçu. Je répondrai dès que possible, la plupart des gens se montrent étonnamment compréhensif·ves. Cela vous fera gagner de la bonne volonté et du temps.

3. Un “non” vaut mieux que pas de réponse.

Si quelqu’un vous demande quelque chose que vous ne pouvez ou voulez pas faire, bon sang, dites-le leur. Penser que pas de réponse est le nouveau non est une attitude passive-agressive, lâche et impolie. Même si un·e étranger·e complet·e a pris le temps de vous écrire pour vous demander quelque chose poliment, ils·elles méritent une réponse. * Comme noté dans le New York Times, La plupart d’entre nous peuvent tolérer les refus. Nous ne pouvons pas tolérer l’incertitude.

Au final, quand il s’agit de gérer notre boîte mail, nous pouvons être tellement focalisé·e·s sur notre propre chaos que nous oublions les êtres humains de l’autre côté – qui ont tous·tes leurs deadlines, buts, inquiétudes et stress. Comme nous, ils·elles font certainement du mieux qu’ils·elles peuvent.

Nous pouvons faire des lieux de travail des espaces plus civils et coopératifs, sans oublier plus efficaces, en ayant pour les autres la courtoisie que nous attendons d’eux·elles. Lançons une révolution de réactivité – un email à la fois.
~Tasha

* Cela étant dit, je ne gaspillerais pas non plus trop d’énergie à me sentir coupable d’ignorer des étranger·e·s qui vous spamment ou ceux·celles qui ne sont pas poli·e·s dans leurs requêtes.

Portrait et couverture du livre de Tasha Eurich

Merci encore à Tasha Eurich de m’avoir autorisée à publier cette traduction ! Pour vous abonner à sa newsletter (en anglais), que je vous recommande chaleureusement, c’est par ici : Insight : Contact Us.

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